strange&song

Ici, on aime Miranda Kerr, l'avant-pop et les chats.

Moderat - Seamonkey

En attendant de futures chroniques sur le cinéma et la littérature, Strange&Song reste fidèle à ses valeurs, partager une musique venue d’ailleurs. Quoi de mieux que l’excellente formation Moderat, réunissant la quintessence Berlinoise (Apparat & Modeselektor) pour préparer la nouvelle ligne éditoriale de ce blog.

Profitez du titre Seamonkey présent sur l’album Moderat.

Gordon Melon - Hot Pieces

  • Le rock français est un paysage extrêmement manichéen souvent indolent et parfois très bon. Il est difficile de rencontrer un juste milieu. Les Gordon Melon font partie de cet entre-deux musical. Ce fragment qui se destine à être excellent. Pour le moment, ce trio Rouennais nous livre un exercice de style efficace avec cet album « Hot Pieces ». Même si le groupe n’est pas encore arrivé à se dessiner un univers bien distinct, on ne peut que saluer la maîtrise et la cohérence de cet album. Un objet sonore qui a su capter ce que le rock indie représente et offre de varié. Alors, oui, si formellement cet EP n’est qu’un « devoir d’école » compétent, il promet également de belles choses quand à l’avenir de ce groupe.

Profitez du titre Coldstop présent sur l’album Hot Pieces (Spotify).

  • Ici, à Strange&Song, nous subissons encore un été morose, la pluie frappe comme un dément à nos fenêtres. On se calfeutre en rêvant à des destinations exotiques tandis que la nature crève dans cet hivernal été. Et quoi de mieux que les indicibles Pixies pour exprimer cette aliénation écologique. Il nous fallait au moins la folie de cette formation pour réhabiliter un monde déréglée jusque dans son climat. C’est avec une joie non dissimulée que je vous invite à écouter Dancing The Manta Ray en injuriant notre pauvre planète malade.   

(Source : Spotify)

Marcus D - Melancholy Hopeful

  • Pour accompagner notre article « Killing The Hipster »,  je vous propose une nouvelle trouvaille.  Le magnifique album «  Melancholy Hopeful » d’un quasi-inconnu : Marcus D, du moins je n’ai pas le souvenir de ce pseudonyme dans la presse.  Chef suprême de cet album puisqu’il en est le producteur, Marcus D dirige tout et laisse quelques personnalités du hip-hop se greffer sur ses compositions. L’album dégage une ambiance désabusée et presque monolithique, agité par quelques soubresauts dû à la vivacité des flows. Plusieurs titres offrent des silences laissant Marcus D œuvrait seul sur sa composition. Cette séparation nous prouve la parfaite complémentarité entre Marcus D et ses featurings. Ils sont en réalité de parfaits reflets. Harmonieux. Ces alternances, ce glissement entre sobriété et exaltation, désenchantement et rage, confortés par une production appuyé et concise, une production, disons-le clairement, élégante donne à cet album la perfection d’un jazzman. Il offre un univers par petites touches, chaque morceau construit un tout poignant. Une très belle découverte.

Profitez du titre Melancholy Hopeful présent sur l’album éponyme.

Profitez du titre Kindred Spirit également présent sur l’album.

Killing the Hipster

Face à la morosité musicale dont nous abreuve tous ces magazines progressifs, je me propose de lister quelques groupes ou personnalités qui ont construit un univers médiocre et déplorable : celui du hipster branché (ou désœuvré, selon votre point de vue) adepte de l’IPHONE, ne lisant que les Inrocks et se proclamant chantre d’une nouvelle vision artistique (ou commerciale, selon votre point de vue).  

  • En premier, on peut noter l’inénarrable Sébastien Tellier. Ces élucubrations ont déjà ravagé des milliers d’internautes déphasés, les critiques s’enflamment et la polémique gronde, tout le monde salue cette autodérision, ce cynisme commercial et l’intelligence du concept. Réveillons nous, ce mec n’est qu’une mésaventure hype, de quoi nourrir les pages des Inrocks et animer le plateau de Michel Denisot.
  • On continue en déboulonnant le gigantesque Metronomy : une formation anglaise propulsée dans la brèche électro alternative, souvent accolée aux groupes The Foals ou The Klaxons (qui n’ont pas grand-chose de ressemblant au final, mais bref, passons). Je ne reproche rien à cette formation (très efficace sur certains titres) mais elle alimente une sorte de copier/coller omniprésent depuis bien trop longtemps sur les ondes. J’ai l’impression que les morceaux de Metronomy peuvent s’écouter sur les albums passés d’Aphex Twin, qu’ils ne construisent pas la nouveauté mais surfent avec intelligence sur les attentes du public. Et puis, des mecs qui enfilent des slims, hein, moi ça ne m’inspire pas confiance.
  • Parlons maintenant des groupes français dont les noms évoquaient, il n’y a pas si longtemps encore, un délicieux cupcake pour nos chères étudiantes en com’.  Je fais ici référence aux célèbres Justice et Pony Pony Run Run.  Ces groupes, qui en plus d’être mauvais, se maintiennent toujours – même si l’actualité se charge de les effacer graduellement et notons qu’ils n’ont pas apporté grand-chose : une  violence branchée et une bande de cocaïnomanes tendres et naïfs.  Déjà vu ? Et oui, en France, on n’a pas de pétrole mais on a des idées…bah tiens.
  • Autre français à jeter : M aka Matthieu Chedid.  La coqueluche des plateaux de Taratata n’en finit pas de nous émerveiller avec sa voix de pucelle. A bannir absolument au risque de voir son cerveau partir en miettes.  Et puis balançons également Vanessa Paradis et Gaétan Roussel, la variété française qui crève doucement mais sûrement. 

Bon, je n’ai pas fait un état des lieux exhaustif, il est vrai que la médiocrité se répand plus vite que la peste. Ce billet servait surtout d’alarme, la production musicale est un affreux piège à cons. Il existe bien sûr des groupes, des personnes, des producteurs qui font un boulot correct et soigné. Mais les intérêts, la mode, le fric et les magazines en berne nous font avaler n’importe quelle confiture et ce du moment que le concept est simple, uniforme et vulgarisé à outrance.  Une musique ne doit pas répondre aux attentes d’un public sinon ce n’est plus de l’Art mais un bien marchand.

Et pour finir, cet article vous préconise de buter chaque hipster que vous croisez.

JAPANDROID - The house that heaven built

  • Après une pause plutôt longue, Strange&Song revient en vous proposant un titre savoureux : The House that heaven built du groupe (presque connu) Japandroids. Les aficionados du punk à roulettes (Offsprings, This is a Standoff) pourront profiter de ce style enragé et frais, idéal pour accompagner les prochaines soirées estivales. Un morceau extrêmement jouissif grâce à cette voix éraillé supplantée par une batterie lourde et des chœurs quasi-voilés. Pour faire simple, le style de rock naïf et tapageur qu’on écoute en bagnole avant de rejoindre une soirée éreintante.

Profitez de The house that heaven built, l’un des titres présent sur l’album Celebration Rock.

White Lies

  • Difficile de détester un groupe comme White Lies, le premier album puisait directement dans la New Wave en proposant des titres à la fois sombre et euphorique, situé non loin d’un certain spleen à la Joy Division. On retrouve ce même mélange, cette ambition propre et marquée sur ce second album. On pourrait taxer White Lies d’opportunisme mais le travail effectué est tellement plaisant, les arrangements sonores coulent tout seul et les refrains deviennent vite entêtant. Aidé comme à chaque fois par une montée en puissance et des ponts musicaux toujours aussi chouette. Ce groupe peut maintenant rivaliser avec des formations comme Depeche Mode ou Interpol.

Profitez du titre Bigger Than Us sur l’album Ritual.

Eric B & Rakim - Juice (Know the ledge)

  • Retour aux origines avec un duo qui a marqué la fin des années 80 et le début des 90 : Eric B et Rakim. Pionniers d’un hip hop new yorkais en pleine ascension, ce duo a sorti  4 albums entre 1986 et 1992 avant de se séparer pour continuer à l’heure actuelle une carrière plus solitaire. C’est en 1992 que sort L’album Don’t sweat the technique incluant le single « Juice (Know the ledge) », reprit pour le film dramatique du même titre et sorti la même année. Ce titre à l’ambiance très hip hop et d’une mélodie presque agressive composée par Eric B sonne parfaitement avec les lyrics écrites et chantées par le MC Rakim. Si le ton donné semble assaillant, c’est pour insister sur les métaphores et le cynisme de Rakim qui n’hésite pas à tourner en dérision l’idéal utopique apporté par la vision de la loi confronté à la vie quotidienne des quartiers populaires d’un New York des années 80-90. Tout l’intérêt de cette chanson réside dans son contexte historique et social. Ces années marquent une tension entre les communautés populaires et les forces de l’ordre, symboles d’un pouvoir politique ignorant l’avis et la vie des minorités. Et c’est bien entendu dans ce contexte que ce titre nous apparait limpide. Rakim nous raconte, d’une voix forte et d’un flow rapide en rimes complexes, que même la loi ne peut  pas le sauver dans la vie de son quartier. C’est donc avec dérision qu’il faut apprécier ce titre qui nous régale de sa richesse historico-sociale et du point de vue interne de ce duo, résidant de Long Island. En résumé, un titre délicieusement ironique et touchant si on tient compte de son contexte et de son histoire.

“Luv Sic” (part I, II et III) de Nujabes feat Shing02

  • Hip Hop japonais ? En voilà une idée… Pourtant, dans le genre abstract Hip Hop, Nujabes et Shing02 sont des maîtres. N’ayant rien à envier aux stars américaines, les deux compères ont énormément participé à la démocratisation du style nippon sur la scène internationale. Il suffit d’écouter la trilogie Luv Sic pour en être convaincu. La première chose qui nous frappe en écoutant les musiques, c’est l’ambiance très jazz qui y règne, style très courtisé par le DJ et producteur Nujabes.
  • Ensuite, c’est le chanteur Shing02 qui vient apporter son ton et ses paroles. Fort de son accent japonais, il nous offre un flow chanté et Shakespearien qui ravive nos oreilles. Tout est présent dans ces musiques. La mélodie et le chant marchent de pair et se complètent. La particularité de la trilogie reste véritablement sa construction. D’abord, si on privilégie la mélodie offerte par Nujabes, on ressent l’ambiance cinématographique hollywoodienne, celle des comédies sentimentales et des envolées lyriques. On ferme les yeux et les images défilent comme dans un film. En revanche, Shing02 se rapproche d’une romance littéraire. Elle s’insinue et très vite, l’écriture de cet artiste est une véritable prose.
  • Ce duo donne alors une recette parfaite et nous rappelle la qualité des artistes japonais. Cette trilogie est un véritable recueil de nouvelles musicales et on pourrait l’intituler « La maladie d’amour ». Et pas n’importe quelle maladie d’amour, celle de la musique, celle d’un Hip Hop unique en son genre ! Un seul regret notable avec ces titres, on a tendance à les écouter en boucle !

Eric, chroniqueur pionner

Crystal Stilts - Converging In the Quiet

  • Crystal Stilts est un groupe originaire de Brooklyn, apparenté au courant Shoegaze. Je ne connais pas grand chose sur eux à part quelques informations de base que vous pouvez retrouver un peu partout. Toutefois, leur titre Converging in the quiet est un flamboyant hommage à Ian Curtis et à sa défunte formation Joy Division. Avec cette voix lointaine et comme chantée dans une caverne, on croirait entendre le chanteur torturé. Mais c’est avant tout ce rythme lancinant, répétitif et minimaliste qui fait tout le charme de ce titre, Crystal Stilts imprègne l’ambiance d’une douleur timide et sombre.

Converging in the quiet, youtube. Enjoy !

Buk, chroniqueur éclectique.